Plateforme de recommandations 2026

 

Deux grandes recommandations du Réseau pour un Québec Famille
et de ses membres aux partis politiques

Élections provinciales 2026

Présentation du Réseau pour un Québec Famille

Le Réseau pour un Québec Famille (RPQF) est un organisme provincial d’influence, de concertation et de renforcement de capacités. Il est composé de réseaux, de regroupements et d’associations d’organismes de secteurs variés, préoccupés par le bien-être des familles.

Sa mission est de favoriser et contribuer à l’implantation d’innovations, d’actions, de conditions, de mesures et de politiques, collectives ou organisationnelles, en faveur de l’épanouissement, du bien-être et de la qualité de vie de tous les membres de la famille. Afin d’y parvenir, il réalise des activités de mobilisation, de valorisation, de plaidoyer, de recherche-intervention, et de soutien au changement de pratique. Il travaille en étroite collaboration avec ses membres et des partenaires issus de secteurs variés et les familles elles-mêmes.

 

3 visées structurantes :

  • Sensibiliser les acteurs publics et communautaires à la contribution des familles, aux défis systémiques qu’elles rencontrent et aux leviers à activer pour améliorer leurs conditions de vie.

  • Promouvoir un soutien collectif et concerté, adapté aux réalités familiales tout au long de la vie.

  • Renforcer la mobilisation et la cohérence de l’écosystème de soutien afin de générer des actions durables sur les causes systémiques des défis vécus par les familles.

Une expertise éprouvée en CFT

La conciliation famille-travail (CFT) est l’un des dossiers majeurs depuis 2015 menant à la création de l’initiative Concilivi en 2019. Concilivi renforce les capacités des organisations en générant et partageant des connaissances, et en accompagnant l’évolution des pratiques, notamment par le Sceau Concilivi et ses formations.

L’initiative agit également comme catalyseur de collaborations et de partenariats, tout en misant sur son expertise CFT à travers le plaidoyer et les avis-conseils.

L’objectif : mobiliser l’ensemble de l’écosystème pour faire de la conciliation famille-travail un levier de transformation durable au service des familles et des milieux de travail.

Un réseau fort, solidaire et influent : 

Les membres du Réseau pour un Québec Famille sont tous des acteurs actifs de l’écosystème, à la crédibilité bien ancrée. La diversité de leurs expertises permet une lecture transversale des réalités et défis vécus par les familles québécoises.

Le RPQF incarne donc une posture systémique et a notamment comme mandat la mobilisation de ces expertises au profit d’actions en faveur de la qualité de tous les membres de la famille, à chaque étape de leur vie. Ce qui lui confère un rôle d’interlocuteur de choix auprès de ses différents partenaires.

CONSULTEZ LA LISTE DES MEMBRES

 

Recommandation 1

Doter le Québec d’une politique familiale explicite, transversale et inclusive

Adoptée en 1997, la Politique familiale du Québec a marqué un tournant historique en plaçant la petite enfance au cœur de l’action publique. Composée de trois piliers — les services de garde à contribution réduite, le Régime québécois d’assurance parentale et les allocations familiales —, elle a contribué notamment à accroître la participation des femmes au marché du travail, à réduire la pauvreté infantile et à améliorer la conciliation famille-travail. Ces trois piliers restent fondamentaux et la poursuite de leur développement est essentielle. 

Or, près de trente ans plus tard, le contexte sociétal a profondément changé. Les familles d’aujourd’hui ne se définissent plus selon un seul modèle : elles sont recomposées, homoparentales, multiculturelles, soloparentales, monoparentales, intergénérationnelles, et elles évoluent dans un environnement transformé par la mondialisation, le numérique et la précarité économique.

Une politique familiale doit tenir compte de l’ensemble des réalités familiales, en articulant des mesures universelles et des mesures ciblées selon les besoins spécifiques, afin d’assurer une équité réelle entre les familles et sur l’ensemble du territoire.

Face à ces transformations, maintenir le statu quo reviendrait à gérer le passé plutôt qu’à préparer l’avenir. Les politiques actuelles, morcelées entre divers plans d’action sectoriels, ne permettent plus de répondre à la complexité des besoins familiaux. Il faut cesser de penser les interventions en silos et considérer la famille comme un système.

Plus qu’une simple mise à jour, une nouvelle politique familiale s’impose comme un véritable projet de société qui affirme la volonté du Québec de reconnaître la famille non pas seulement comme un sujet de politique sociale, mais surtout, comme un pilier du développement collectif et de la durabilité sociale et économique du Québec.

Pour qu’elle reflète concrètement cette vision et demeure explicite, transversale et inclusive, nous proposons les actions suivantes :
 

Le Québec devrait se doter d’un document-cadre officiel : une politique familiale claire et formellement adoptée par le gouvernement, définissant une vision commune et des orientations précises pour guider l’action publique. Ce cadre permettrait d’assurer la cohérence gouvernementale et de reconnaître la famille comme un système interdépendant de son environnement social, économique et communautaire, nécessitant un soutien global et continu.

Cela suppose une approche inclusive et intergénérationnelle, qui tient notamment compte à la fois :

  • des besoins des jeunes familles, des parents, des enfants et des adolescents ;

  • des réalités particulières vécues notamment par les personnes proches aidantes, les aînés, les familles recomposées, monoparentales, les familles de différentes origines culturelles, les enfants ayant besoin de soutien particulier et les familles dont un membre est en situation de handicap ;

  • des enjeux émergents liés notamment aux transitions familiales, au vieillissement, à l’égalité entre les sexes et à la diversité des parcours de vie.

Concrètement, le RPQF recommande que cette politique puisse :

  • définir les valeurs et principes directeurs guidant l’action publique en matière de famille; 

  • préciser les responsabilités respectives des ministères et organismes impliqués; 

  • établir les objectifs communs et indicateurs de suivi pour mesurer les progrès accomplis.

Les besoins des familles traversent plusieurs sphères — emploi, santé, éducation, logement, transports, égalité, vieillissement, justice, etc. — de sorte qu’aucun ministère ne peut agir efficacement seul. Les politiques publiques doivent être pensées en interaction, à l’image des familles elles-mêmes, qui forment un système interdépendant où les décisions prises dans un domaine entraînent des répercussions sur les autres.

Pour être réellement transversale, la nouvelle Politique familiale du Québec devrait devenir un cadre de référence gouvernemental auquel se rattache l’ensemble des politiques, stratégies et plans d’action ayant une incidence sur la vie des familles. Les mesures ne peuvent produire leurs effets que si elles s’inscrivent dans une approche cohérente, où chaque ministère agit en complémentarité plutôt qu’en parallèle, et où les besoins et défis des familles sont portés par l’expertise concertée des acteurs de l’écosystème.

Le gouvernement aurait avantage à instaurer des stratégies permanentes de collaboration intersectorielle et interministérielle, afin d’assurer la cohérence des interventions et d’éviter les mesures contradictoires ou redondantes. Une réflexion est à prévoir quant aux mécanismes, formels et concertés, de consultation et d’intégrations aux différents comités et groupes de travail qui pourraient être formés.

Le RPQF recommande que ces mécanismes prennent notamment la forme :

  • d’un Comité aviseur de la politique familiale, au sein du ministère de la Famille, chargé de coordonner les travaux, de suivre les indicateurs et d’assurer la cohérence entre les ministères;

  • d’une analyse d’impacts réglementaires sur les familles obligatoire pour tout nouveau programme, règlement, projet de loi ou révision de politique publique;

  • de groupes de travail interministériels et intersectoriels thématiques, réunissant les ministères concernés autour de priorités transversales (conciliation famille-travail, proche aidance, égalité femmes-hommes, vieillissement actif, etc.). Ces groupes auront le mandat d’identifier les obstacles administratifs, d’harmoniser les mesures et de formuler des propositions concertées au Comité aviseur. Ce type de groupe de travail interministériel a d’ailleurs déjà été mis en place, notamment dans le cadre du Plan d’action gouvernemental pour la proche aidance, et démontre déjà des effets positifs sur la conciliation proche aidance- travail et la précarisation économique.

  • d’une représentation « famille » dans toutes instances gouvernementales pertinentes comme les dossiers liés aux familles sont larges et transversaux. La complexité des besoins exige qu’une multitude d’instances gouvernementales y soient sensibles et qu’elles s’arriment entre elles. Une représentation constante des besoins des familles dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques est donc primordiale.

L’accès équitable et effectif aux services publics constitue une condition essentielle au bien-être des familles. Pourtant, les écarts territoriaux, économiques et sociaux persistent : selon la région, la composition familiale ou la situation financière, toutes les familles n’ont pas les mêmes possibilités d’accéder aux services qu’ils soient publics ou communautaires. 

Pour qu’une politique familiale soit véritablement inclusive, l’accès doit devenir un principe transversal et mesurable, guidant l’ensemble des décisions publiques.

Le RPQF recommande que le Comité aviseur de la politique familiale ait pour mandat :

  • d’adopter une définition opérationnelle commune de l’accès, fondée notamment sur les données disponibles et les travaux de recherche des partenaires ;

  • d’intégrer cette définition comme critère obligatoire d’analyse d’impact pour tout nouveau programme ou toute révision majeure de politique ;

  • de développer un tableau de bord public sur l’accès (délais d’attente, renoncements pour motifs financiers ou géographiques, couverture territoriale, satisfaction), publié annuellement pour assurer la transparence et la reddition de comptes.

En instaurant de tels mécanismes, le gouvernement poserait les bases d’une culture commune de l’accessibilité, où chaque mesure publique est évaluée en fonction de sa capacité à rejoindre réellement les familles, partout au Québec.
 

En somme

Adopter une Politique familiale explicite, transversale et inclusive, c’est poser un geste politique fort: celui de replacer la famille — sous toutes ses formes et à toutes les étapes de sa vie — au centre du projet de société québécois. Un tel engagement affirme que le développement social, économique et communautaire du Québec repose d’abord par la reconnaissance et le soutien des dynamiques familiales.

Cette politique doit permettre de rompre avec la gestion en silos, d’assurer la cohérence des actions publiques et de garantir une vision intégrée du parcours de vie des familles. Compte tenu de la pluralité des enjeux qu’elle couvre, cette proposition doit être perçue comme le point de départ d’une démarche à construire ensemble. Il importe que les travaux entourant cette politique s’appuient sur la diversité des expertises issues des partenaires de l’écosystème famille.

En s’engageant sur cette voie, le gouvernement choisira la cohérence, la solidarité et la durabilité — trois leviers essentiels pour construire un Québec plus équitable, résilient et humain.


 

Recommandation 2

Offrir un programme d’accompagnement aux employeurs pour faciliter la mise en œuvre de mesures de conciliation famille-travail et la formation des gestionnaires

Un levier simple, peu coûteux et hautement efficace

Le RPQF recommande que le gouvernement relance un programme d’accompagnement semblable au Programme de soutien financier en conciliation famille-travail (PSF-CFT), instauré par le ministère de la Famille entre 2019 et 2023, qui s’est avéré l’un des leviers les plus efficaces pour favoriser l’équilibre travail-famille au Québec.

Avec un budget annuel inférieur à 2 millions de dollars, il s’agit d’un programme peu coûteux, rapide à déployer et générateur de retombées importantes pour les entreprises, les employés et l’économie du Québec. De 2021 à 2024, cet investissement a permis de soutenir entre 60 et 80 organisations par année, rejoignant ainsi des milliers de travailleuses et travailleurs dans toutes les régions du Québec. Dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre au Québec, de nombreuses entreprises ont manifesté leur intérêt à participer à ce programme qui leur permet notamment le déploiement de mesures de conciliation famille-travail.  

Année financière

Sommes investies (PSF-CFT)

Nombre de projets de CFT soutenus

2020-2021

1,2 M $

48

2021-2022

1,7 M $

78

2022-2023

1,8 M $

68

2023-2024

0 $

0

2024-2025

0 $

0

Malgré la pertinence du programme, ses résultats concrets et mesurables ainsi que les nombreux avantages qu’il a générés pour les entreprises et les employés qui en ont bénéficié depuis 2019, le PSF-CFT n’a finalement pas été reconduit depuis 2023-2024, et ce, sans avoir fait l’objet d’une évaluation préalable, pour des raisons budgétaires. 

Il importe de rappeler que la conciliation travail-famille relève légalement du ministère de la Famille. Soulignons par ailleurs que les mesures de CFT profitent à plusieurs clientèles et partenaires de ministères et organismes, notamment ceux du ministère du Travail, du ministère de l’Emploi et du Secrétariat à la condition féminine.

Le programme offrait aux organisations participantes une subvention non récurrente pouvant atteindre 30 000 $ par projet, à laquelle s’ajoutait une contribution minimale de 10 % du coût total assumée par l’entreprise. Cette formule assure un effet de levier important : un investissement public relativement modeste déclenche des transformations organisationnelles majeures et durables.

En 2023, le RPQF a mené un sondage anonyme auprès de 80 organisations ayant bénéficié du PSF-CFT. Les résultats confirment l’impact significatif du programme :

  • Subvention déterminante : sur une échelle de 1 à 10, les organisations évaluent à 9,19 / 10 l’importance de l’aide financière dans leur décision d’entreprendre une démarche de conciliation. Sans ce programme, près des deux tiers d’entre elles n’auraient jamais agi ou auraient reporté leur projet de plusieurs années.
  • Formation des gestionnaires : 80 % des employeurs financés ont formé leurs gestionnaires aux pratiques de CFT, comparativement à seulement 29 % ailleurs sur le marché1. Or, la littérature scientifique démontre que les gestionnaires jouent un rôle clé dans l’expérience vécue par les employés en matière de CFT.

Ces résultats démontrent que le PSF-CFT ne se limite pas à financer des initiatives ponctuelles : il transforme durablement la culture organisationnelle et fait de la conciliation famille-travail un levier stratégique pour les entreprises.

1Concilivi, Conseil de gestion de l’assurance parentale (2023-2024). Sondage auprès des employeurs du Québec, Réseau pour un Québec Famille

Des retombées organisationnelles majeures

Les démarches soutenues par le PSF-CFT ont profondément transformé la manière dont les organisations conçoivent et valorisent la conciliation famille-travail. Au-delà de la mise en place de mesures ponctuelles, elles ont entraîné des changements structurels et culturels tangibles qui ont été documentés : formation accrue, communication renforcée, dialogue facilité, bonification de l’offre de mesures, etc.

Ces transformations améliorent directement l’expérience employé et la performance organisationnelle : 78 % des employeurs constatent une hausse de leur attractivité, 68 % une meilleure fidélisation et plus de la moitié notent des effets positifs sur la motivation, la satisfaction et le climat de travail. La conciliation devient ainsi un levier stratégique de gestion des ressources humaines, un facteur d’engagement et un avantage concurrentiel pour les organisations.

Pourquoi agir maintenant

En 25 ans, la politique familiale québécoise a favorisé une forte participation des femmes au marché du travail, positionnant le Québec parmi les sociétés les plus performantes à cet égard. Mais si les familles se sont adaptées, il revient désormais au marché du travail de s’adapter à elles.

Or, selon un sondage Léger  réalisé en 2025 pour le compte du Réseau pour un Québec Famille auprès de 3014 travailleur(-euses) étant parent ou proche aidant, seulement 31 % ont été consultés sur leurs besoins, 33 % jugent les mesures insuffisantes et 46 % affirment que leur employeur les informe clairement sur les mesures de CFT disponibles2. Ces données montrent que soutenir les employeurs dans cette transition n’est donc plus une option, mais une condition de vitalité économique, d’égalité et de pérennité sociale pour le Québec.


Un petit investissement pour un grand impact

Le RPQF recommande que le programme PSC-CFT soit rétabli : une mesure exemplaire de politique publique, simple, rapide à mettre en œuvre, peu coûteuse et hautement efficace. Avec un investissement annuel de moins de 2 millions de dollars, il génère des retombées significatives pour les familles, renforce la compétitivité des organisations et contribue à la vitalité économique et sociale du Québec.

2Concilivi, (2025). Sondage auprès des travailleur(-euse)s du Québec, Réseau pour un Québec Famille